vendredi , 15 décembre 2017
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La culture comme remède

Il n’est pas nécessaire d’œuvrer dans le milieu de la santé pour sauver des vies. L’auteure Émilie Perreault le prouve bien dans son récent livre Faire œuvre utile. Une vingtaine de personnes y raconte comment une œuvre d’art a chamboulé leur vie. De quoi donner le goût de se soigner avec la culture.

L’histoire de papa Simon y est racontée. C’est cet homme de Saint-Jérôme qui a oublié son enfant dans sa voiture à l’été 2016. Il a lu Naufrage, le roman de Biz portant sur un drame très similaire. Émilie Perreault écrit que papa Simon a pu mettre en perspective
sa situation grâce à sa lecture.

Il y a aussi l’histoire de Suzanne qui vivait le deuil de son père décédé dans un accident spectaculaire sur l’autoroute 40. Ce dernier avait offert à sa fille des billets pour la pièce de théâtre 887 de Robert Lepage. Cette œuvre parle énormément du père du metteur en scène et elle a su apporter un réconfort à la douleur que ressentait Suzanne.

Et il y a l’histoire d’Annick, cette femme qui a perdu son mari seulement six jours avant son accouchement. Elle était assise, allaitant leur enfant, un mois après la soirée fatidique lorsqu’elle a vu Marc Séguin à la télévision, à l’époque où il peignait avec des cendres humaines. Elle lui a écrit, racontant son histoire en quelques lignes, et l’artiste a accepté de créer une œuvre avec les cendres de son mari. Cette peinture a su transmettre des émotions que même Annick ne savait pas qu’elle était pour vivre.

Il est plutôt rare de souligner l’impact qu’un livre, qu’une toile ou qu’un scénario a eu sur la vie d’une adolescente, d’une mère de famille ou d’un grand-père. Pourtant, les bénéfices sont nombreux. La santé mentale de plusieurs est souvent maintenue grâce à des produits de la culture. Certains s’évadent en se plongeant dans un bon livre, d’autres cuisinent un plat qui leur rappelle leur mère afin de se remémorer de bons souvenirs, d’autres écoutent une chanson en boucle pour réussir à oublier leurs malheurs.

L’impact de la culture sur un deuil, une séparation ou tout simplement des idées noires est indéniable. Il faut donc cesser de voir les deniers publics investis dans la culture comme une dépense. La culture est un baume pour l’âme humaine. Peut-être même que si plus d’argent y était investi, le milieu de la santé ne serait pas tant en souffrance.

À propos de Andréane Vallée

Native du Lac-Saint-Jean, Andréane Vallée est une jeune femme passionnée par le monde entier. Elle a étudié à l’école secondaire Camille-Lavoie dans le programme d’éducation internationale (PEI). C’est d’ailleurs une journée découverte avec cette école qui lui a permis d’enfiler l’instant d’une journée l’habit d’un journaliste. Depuis son plan était clair, elle devait étudier à Jonquière à tout prix. Toutefois sa curiosité et la vie l’ont menée ailleurs, plus précisément à Sydney, en Australie. Après un an à l’étranger et la tête remplie de rêves, elle revient en 2015 pour étudier en Art et technologie des médias. Des intérêts variés et l’envie de tout savoir, de tout connaître, voilà qui décrit très bien Andréane. Nous verrons où la vie la mènera.

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