vendredi , 15 décembre 2017
Accueil / Actualités / Connaître le Coran pour vaincre l’intolérance
Le président de l'Association islamique du Saguenay—Lac-Saint-Jean Mustapha Elayoubi (à droite) a répondu aux multiples questions des participants dans le cadre de la soirée «Le Coran pour les nuls».

Connaître le Coran pour vaincre l’intolérance

Améliorer le vivre-ensemble grâce à une meilleure connaissance de l’autre. Voilà l’objectif que s’est fixé le mouvement Coexister Saguenay-Lac-St-Jean avec sa conférence «Le Coran pour les nuls», qui a attiré une trentaine de personne mardi soir au café l’Érudit de Chicoutimi.

Les participants ont semblé ravis d’avoir l’occasion de discuter avec un responsable de la communauté musulmane en la personne du président de l’Association islamique du Saguenay-Lac-St-Jean, Mustapha Elayoubi. Animée par l’ancien professeur de philosophie au Cégep de Jonquière et membre du mouvement Coexister Gilbert Talbot, la formule avait pour but d’encourager les personnes sur place à se questionner en petits groupes, puis de lancer ouvertement la discussion avec l’ensemble de l’assistance et des intervenants.

M. Elayoubi a présenté le Coran au meilleur de ses connaissances, malgré le fait qu’il n’ait pas fait d’études théologiques à proprement parler. Il a été question de la structure du livre sacré, divisé en «sourates» (chapitres) qui comportent chacune un certain nombre de versets (paragraphes). L’inévitable question sur la radicalisation des croyants a également été abordée. Selon le président de l’Association islamique, l’extrémisme religieux violent qui fait rage actuellement dans certaines contrées est dû à une manipulation récente des propos de certains chefs religieux historiques. Il soutient qu’«aucun passage du Coran n’incite à la violence et que la volonté de Dieu est avant tout la paix entre les humains».

Un court questionnaire portant sur la signification exacte de certains mots appartenant à la religion musulmane qu’on retrouve régulièrement dans les médias a été distribué. La majorité des participants, même armée d’ouverture et de bonne foi, ont été incapables de trouver toutes les bonnes réponses. C’était d’ailleurs le but de l’exercice, soit d’encourager les gens à «prendre la bonne habitude de vérifier ce qui se dit».

«L’Occident est une chance pour l’islam»

D’autres membres de la communauté musulmane saguenéenne sont venus prêter main forte à M. Elayoubi plus tard dans la soirée. Le professeur à l’UQAC Khadiyatoulah Fall était l’un d’eux et n’a pas hésité à répondre en long et en large aux interrogations de l’audience. M. Fall a, entre autres choses, fait part de sa vision singulière de la relation entre la culture arabo-musulmane et le monde occidental. «L’Occident est une chance pour l’islam. En arrivant ici, j’ai été confronté à une foule de questions que je ne me suis jamais posées au Sénégal et ça m’a fait revenir aux écrits. L’islam est une religion tolérante, on a des ‘’accommodements raisonnables’’ prévus dans le Coran!», s’est plait à souligner M. Fall.

Une première au Saguenay

Pour Jocelyn Girard, membre de Coexister Saguenay—Lac-Saint-Jean et un des principaux organisateurs de la conférence, la tenue d’une telle soirée allait de paire avec les idéaux de son mouvement. Il rappelle que la section locale de Coexister (qui comporte des groupes à l’internationale) s’est formée en solidarité avec la communauté musulmane aux lendemains du geste haineux qui a été perpétré à la mosquée de Saguenay en septembre 2013.

L’organisme Devenir présent et l’Institut de formation théologique et pastorale (IFTP) ont également participé à l’organisation de la soirée. Selon Andrée Larouche de l’IFTP, la contribution de son organisme s’est davantage limitée à encourager leurs membres à assister à l’évènement puisque les coûts de la soirée étaient pratiquement nuls.

La soirée se voulait la première d’une série de cafés-rencontres qui devrait se nommer les «mardis du vivre ensemble». Bien que le sujet et la date de la prochaine rencontre n’ait pas été officialisés, M. Girard a lancé l’idée d’une soirée ayant pour thème «Femmes et religions»  qui devrait avoir lieu «quelque part dans la mi-février».

À propos de Mickael Lambert

Mickael Henri Lambert est né à Orford dans la magnifique région des Cantons de l’Est en 1997. Passionné de culture –tant locale qu’étrangère- ainsi que de politique, il a complété le Programme d’éducation internationale au niveau secondaire en 2015. Mickael a eu la chance de prendre part à deux simulations à l’Assemblée générale des Nations Unies en plus de participer au Conseil municipal jeunesse de la Ville de Sherbrooke. Il a également travaillé plusieurs années dans le milieu agroalimentaire ainsi que dans l’économie sociale. Il garde de ces expériences un goût prononcé pour la gastronomie et un grand respect pour l’agriculture de chez nous. M Lambert espère pouvoir travailler à la radio ou à l’écrit, en touchant toutes les sphères de l’information, avec une préférence avouée pour l’actualité internationale.

À voir aussi

De la théorie à la pratique

Pour concrétiser la théorie enseignée, le programme Art et technologie dans les médias (ATM), a …