vendredi , 15 décembre 2017
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Le réalisateur Carl Morasse et l'Innu Jean-Philippe Fontaine étaient présents pour une discussion à la suite de la projection.
«Indian Time» au CNE

Les premiers pas vers la réconciliation

Le réalisateur Carl Morasse a passé plusieurs années à visiter les onze nations autochtones du Québec. Le fruit de ses rencontres sont rassemblées dans le documentaire «Indian Time» qu’il est venu présenter au Centre national d’exposition (CNE) du Mont-Jacob mardi après-midi. Il met l’emphase sur l’importance du dialogue entre nations dans un contexte de réconciliation.

«Indian Time» est tout à fait approprié comme titre. Le documentaire de Carl Morasse rend bien cette mentalité de prendre son temps et de laisser l’humain être humain. C’est pour cela que le réalisateur a choisi de faire le moins de montage possible. «Je voulais des témoignages authentiques, explique-t-il. Je voulais travestir le moins possible les discours en habillant ce que les gens disaient.»

Carl Morasse est un cinéaste pour la boîte Rouge vif qui est située à l’Université du Québec à Chicoutimi et qui travaille avec les autochtones dans le but de développer des outils de transmission culturelle.

Avec «Indian Time», Carl Morasse voulait débuter un dialogue entre autochtones et Québécois. «Notre but n’était pas de créer un sentiment de culpabilité chez les allochtones. On voulait simplement ouvrir la porte à la discussion», dit-il. Carl Morasse souhaite aussi donner envie aux allochtones d’aller à la rencontre des autochtones avec son film. «Ce sont des gens chaleureux et accueillants. Ça vaut la peine d’aller à leur rencontre», a-t-il souligné lors de la discussion qui a suivie la projection au CNE pendant laquelle il était accompagné de Jean-Philippe Fontaine, un Innu de Pessamit.

Pour M. Fontaine, le dialogue et le partage entre nations sont les premiers pas de la réconciliation. «J’aime parler avec les gens de ma culture, dit-il. C’est important pour moi. Nous sommes voisins après tout, il faudrait bien apprendre à se connaitre.»

Autres collaborations

Avec son travail, M. Morasse souhaite faire rayonner les cultures autochtones. «Je suis tombé en amour avec ces cultures», a-t-il déjà dit en entrevue avec La Fabrique culturelle. Il collabore également avec des communautés autochtones du Brésil et il envisage un projet avec des Premières Nations de l’Ontario au cours de la prochaine année.

À propos de Gabrielle Paul

Gabrielle Paul est native de la communauté ilnu de Mashteuiatsh, au Lac-Saint-Jean. En grandissant, elle a toujours baigné dans les communications, multipliant les animations et les rédactions. Elle occupe maintenant un poste d’agente en communication à Pekukamiulnuatsh Takuhikan, le conseil de bande de Mashteuiatsh. Fière de ses origines, elle étudie en journalisme dans l’espoir de mieux faire connaître les réalités autochtones en offrant un regard empreint de vérité sur la situation. Elle est une grande passionnée aux champs d’intérêts multiples, passant par les mouvements idéologiques, les philosophies audacieuses de Camus et de Schopenhauer et la littérature anglaise du XIXe siècle. Elle aspire à faire des études universitaires en science politique et à devenir polyglotte.

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