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Cigarette électronique

Le CIUSSS appelle à la prudence

Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Saguenay–Lac-SaintJean invite la population à s’abstenir complètement d’utiliser la cigarette électronique en raison de cette mode grandissante chez les jeunes.

Pour le porte-parole du CIUSSS, Jean-François St-Gelais, les effets et les bénéfi ces de la vapoteuse sont encore trop nébuleux. «Nous ne pouvons pas fermer les yeux sur certains problèmes de santé possibles, souligne-t-il. C’est inquiétant, donc l’abstention est la meilleure solution.»

Le CIUSSS reconnaît qu’il y a eu une amélioration du tabagisme dans la région, mais la cigarette électronique n’apparaît pas comme une solution miracle. «Il y a eu une entrée massive de la cigarette électronique au début des années 2010. À ce moment-là, ça paraissait comme une bonne alternative à la cigarette, mais maintenant il y a une aisance avec la vapoteuse qui est préoccupante», soutient Jean-François St-Gelais.

L’utilisation de la cigarette électronique chez les jeunes est passée de 6 % à 8 % entre 2013 et 2015, selon une enquête de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). Tous les deux ans, l’INSPQ mène cette enquête sur le tabagisme chez les jeunes, financée par la Société canadienne du cancer division du Québec.

Les deux plus récentes enquêtes (2012-2013 et 2014- 2015) ont permis de constater que l’utilisation de la cigarette électronique a augmenté de 2 %. Les répondants étaient questionnés sur leur consommation des 30 derniers jours. Ces chiffres datent toutefois d’avant la loi 44 qui régit la vente des produits du tabac, dont la cigarette électronique. Ses conséquences sur la consommation des jeunes n’ont donc pas été mesurées. «Il est évident que nous n’avons pas les chiffres pour l’année 2018, nous ne pouvons rien constater présentement, affirme Annie Montreuil, chercheure à l’INSPQ. Nos chiffres représentent également la situation sur le Québec en entier. Il n’y a rien de spécifique à la région du Saguenay –Lac-Saint-Jean.» L’enquête de l’INSPQ ne précise toutefois pas si les cigarettes électroniques utilisées par les jeunes interrogés contenaient de la nicotine ou non.

Mme Montreuil croit que cette hausse est minime, mais elle demeure prudente. «C’est un phénomène qui reste à surveiller. Nous savons que la nicotine peut avoir des risques pour le développement des jeunes. Ce n’est pas à prendre à la légère», dit-elle.

La chercheure considère la cigarette électronique comme un produit «moins dommageable [que la cigarette] mais pas sans risques». «Certaines substances utilisées pour fabriquer les arômes dans les liquides pourraient causer des maladies pulmonaires, soupçonne Annie Montreuil. Mais peu d’études à long terme ont été réalisées, il est donc difficile d’en tirer des conclusions solides.»

Une de ces substances est la diacétyle. Ce composant des arômes des cigarettes électroniques se retrouve également dans le beurre du maïs soufflé. La diacétyle serait liée à une obstruction des alvéoles pulmonaires lorsqu’elle est inhalée et au développement de la maladie de l’Alzheimer selon une étude du Center of Drug Design de l’Université du Minnesota parue en 2012.

Une autre étude du journal Environmental Health Perspectives, publiée en 2015, a testé 51 types de liquides à arômes pour les cigarettes électroniques et 39 d’entre eux contenaient de la diacétyle.

 

À propos de Gabrielle Paul

Gabrielle Paul est native de la communauté ilnu de Mashteuiatsh, au Lac-Saint-Jean. En grandissant, elle a toujours baigné dans les communications, multipliant les animations et les rédactions. Elle occupe maintenant un poste d’agente en communication à Pekukamiulnuatsh Takuhikan, le conseil de bande de Mashteuiatsh. Fière de ses origines, elle étudie en journalisme dans l’espoir de mieux faire connaître les réalités autochtones en offrant un regard empreint de vérité sur la situation. Elle est une grande passionnée aux champs d’intérêts multiples, passant par les mouvements idéologiques, les philosophies audacieuses de Camus et de Schopenhauer et la littérature anglaise du XIXe siècle. Elle aspire à faire des études universitaires en science politique et à devenir polyglotte.

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