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L’anti-chambre de la cigarette

Pendant quelque temps, on a vanté les bienfaits de la cigarette électronique comme une passerelle pour cesser de fumer. Mais c’était avant de constater que les adolescents s’approprient cette pratique, dont les conséquences peuvent être néfastes pour leur santé.

La tendance du vapotage est au cœur même d’un paradoxe. D’un sens, elle aiderait les fumeurs aguerris à ralentir, voire cesser leur consommation de tabac.

De l’autre, des experts ont réussi à prouver que l’utilisation de la vapoteuse favorisait l’entrée des adolescents dans le monde du tabagisme. Des chercheurs de l’Université de Californie ont conclu dans un texte publié en janvier 2018 que des adolescents non-fumeurs qui vapotent seraient de 2 à 3 fois plus enclins à fumer la cigarette que ceux qui n’ont jamais essayé la cigarette électronique, étude menée auprès de 10 400 jeunes non-fumeurs âgés entre 12 et 17 ans.

Il faut dire que le liquide à vapoter est vendu dans les règles de l’art du marketing: emballages colorés, attrayants et s’adressant directement à une clientèle relativement jeune. En plus de charmer par son aspect techno, la cigarette électronique a fière allure avec ses effluves agréables et la multitude de «prouesses» possibles à faire avec la vapeur. Un peu plus tentant et acceptable en société qu’un paquet de cigarettes.

Et pourtant, depuis 2015, la vapoteuse est soumise aux mêmes lois que les produits du tabac, puisque la vente de ces produits se dit «rigoureusement encadrée».

Un véritable non-sens aux yeux des parents et des institutions scolaires qui peinent à éloigner les jeunes de la dépendance à la nicotine. C’est d’ailleurs le Québec qui remporte la palme avec la plus grande proportion de jeunes qui ont essayé la cigarette électronique, d’après l’Institut national de santé publique du Québec. Selon une de leurs études parue en octobre 2017, plus d’un élève du secondaire sur quatre a déjà vapoté au cours de sa vie. Ce sont 110 500 élèves québécois pour être plus précis.

Néanmoins, bien qu’elle ait été inventée en 2003, il encore difficile de connaitre les impacts concrets de ce produit pour la santé. Nonobstant le fait que le liquide peut être vendu sans nicotine, les adolescents prennent l’habitude d’inhaler un produit. Un geste qui peut parfois même être adopté par les jeunes pour acquérir une position d’influence au sein d’un groupe. Rappelons-nous que la transgression des règles et la prise de risques sont bien présents à l’âge adolescente.

Consommer cette «vapeur d’eau» n’est pas sans risque. Même exempt de goudron, le liquide comporte lui aussi son lot d’aléas.

Contrebande de liquides dont la composition est non contrôlée, étiquetage parfois trompeur, piles pouvant exploser et surchauffe de matériaux toxiques contenus dans l’appareil sont quelques exemples des dangers recensés depuis la création de la vapoteuse.

Il est inconcevable que fumer en 2018 crée à nouveau un engouement chez les jeunes.

À propos de Gabrielle Bartkowiak

Onze déménagements, 8 villes, 6 régions et une jeune étudiante au nom exotique égarée en sol saguenéen pour les études collégiales. St-Eustachoise de naissance, Chibougamoise de cœur et Abitibienne à ses heures, Gabrielle prend plaisir à toujours être en mouvement. Elle a d’ailleurs développé très jeune la manie de s’embarquer dans n’importe quel projet sportif ou culturel. Si elle n’est pas en train de planter des arbres à la Baie-james ou en classe à apprendre les rudiments des communications, elle est certainement en train de rire un peu trop fort de tout et de rien avec ses amis. Même si on la décrit comme étant un peu bizarre, elle adore se défendre en disant qu’elle aime ce qui sort de l’ordinaire. Attachée à la langue française, amoureuse des gens, touche-à-tout et un peu trop curieuse, Gabrielle est depuis longtemps intéressée par le journalisme. Même si dans sa tête, les idées, les rêves et les projets se bousculent sans cesse, vous la reverrez très certainement, après l’université, exercer un métier qui la passionne.

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