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Quand le bridge garde le cœur jeune

La cloche de midi et demi sonne, les joueurs réunis au centre Joseph Mio de Chicoutimi sont fin prêts pour commencer la première ronde de la journée. Les sourires sont présents, mais une ambiance de compétition se fait rapidement sentir parmi ces expérimentés joueurs de bridge.

Les salutations à l’arrivée et les rires entendus laissent place à un mystérieux silence une fois la partie commencée. Ce silence, entrecoupé de quelques blagues, laisse présager une grande concentration et un désir important de gagner.

Jean Coutu joue au bridge depuis plus de 65 ans.

«J’ai gagné tous mes points, je ne joue pas pour m’amuser, je joue pour compétitionner», affirme très sérieusement Monique Pinchaud. Pour cette femme pétillante, vêtue d’une tunique rouge, c’est la complexité de ce jeu qui lui donne sa notoriété et qui le rend si unique. «Si c’était facile, je ne jouerais pas», renchérit-elle.

Jean Coutu, un joueur vétéran de plus de 60 ans, est pleinement en accord avec Mme Pinchaud. «Le bridge aide vraiment le côté cognitif d’un joueur, soutient celui qui a appris les rudiments du bridge alors qu’il était âgé de seulement 15 ans. Je joue depuis que je suis très jeune, mes parents pratiquaient ce jeu et je les regardais. Je trouvais ça intéressant et j’ai décidé de commencer à jouer.»

En plus de leur passion pour ce jeu de stratégies et de conven-tions, la majorité des personnes qui fréquentent les clubs de bridge profi tent de ces moments pour socialiser avec les autres joueurs. Pour les personnes seules, ces moments sont très importants. «J’aime beaucoup venir ici, je joue avec une de mes amies et je peux voir plein de gens, ça me permet de faire mon social», confie Sylvie Bélanger, une adepte du bridge depuis seulement cinq ans.

L’histoire est peu différente pour l’ex-périmentée Hélène Samson. Alors qu’elle cherchait une alternative à ses sorties avec son mari au restaurant ou autour d’un verre de vin avec des amis, Hélène a découvert le bridge. Amoureuse des jeux de cartes à la base, le bridge permet aux tourtereaux de jouer ensemble en plus de devoir utiliser leurs méninges. «Nous avons commencé à jouer dans les clubs parce qu’à la maison, on jouait, mais on avait toujours un verre à la main et notre but en commençant le bridge était d’arrêter de boire», affirme la vétérane.

Malgré cette saine compétition qui règne entre les quatre murs de la salle, il existe un puissant et beau sentiment de fraternité. Entre les rondes, les joueurs en profitent pour aller se faire un café et manger quelques croustilles mises à leur disposition. Les gens se parlent de leur fin de semaine, de l’hiver qui ne finit plus ou simplement de leur petit déjeuner. Une fois la deuxième ronde entamée, la compétition reprend de plus belle.

Les blagues entre coéquipiers, les taquineries envers les adversaires et les conversations qui découlent des bons coups de part et d’autre mettent de la vie dans les joutes parfois ardemment disputées. «On a l’air bête puisqu’on est concentrés, mais on s’adore, on est comme une famille», déclare la joueuse de calibre international Hélène Fournier.

Un manque de relève

Malgré le fait que les clubs de la région comptent plus ou moins 600 membres, le manque de relève inquiète grandement le président du club de Chicoutimi, Pierre Ducharme. La majorité des séances organisées par les clubs de la région se déroulent en après-midi, c’est donc plus difficile pour quelqu’un sur le marché du travail de s’y rendre.

Par contre, deux à trois séances ont lieu en soirée et les fins de semaine, mais malgré ça, la relève tarde à se faire sentir. «On souhaite vraiment trouver des jeunes qui sont intéressés à apprendre le bridge, on espère assurer la pérennité des clubs», mentionne-t-il pendant que ses adversaires complètent leurs tours.

Chaque année, une professeure tente de recruter le plus de nouveaux membres possible, mais malheureusement, les difficultés de ce jeu et le peu d’intérêt général des jeunes envers les cartes ne donnent pas les résultats escomptés par M. Ducharme. «On offre des cours pour les jeunes, deux séries de 10 soirs de trois heures chaque. Le bridge c’est complexe, c’est long à apprendre, c’est sur que 60 heures de cours, ça peut en décourager plusieurs», déplore-t-il.

Le bridge peut facilement se comparer aux échecs, il faut une grande concentration, de bonnes stratégies et une patience hors normes. «C’est un antidote contre le vieillissement», déclare l’expérimenté Jean Coutu.

À propos de Marie-Michèle Coutu

Kingsey Falloise d’origine, mais maintenant Drummondvilloise et Victoriavilloise à ses heures, Marie-Michèle Coutu a quitté son petit nid familial pour venir s’installer à Jonquière il y a maintenant deux ans avec un seul but en tête : travailler à RDS. Curieuse, passionnée, fonceuse et avec un certain (très fort) caractère, cette jeune femme de 20 ans à un intérêt pour le monde des médias depuis qu’elle a vu œuvrer Chantal Macchabée à RDS. Fan des Canadiens depuis sa tendre enfance, petite joueuse de soccer (elle mesure juste 5 pieds 3) et amatrice incontestable de la sauce à spaghetti de sa mère, Marie-Michèle n’a pas surpris son entourage lorsqu’elle leur a annoncé qu’elle quittait la maison pour étudier en journalisme de l’autre côté du Parc des Laurentides. Globetrotteuse lorsque les finances lui permettent et joueuse de bowling extraordinaire, Marie-Michèle n’est pas seulement passionnée du sport, mais aussi tout ce qui touche l’actualité internationale ainsi que canadienne. Son plus grand rêve serait de couvrir les Raptors de Toronto (NBA), mais pour une chaîne sportive francophone.

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