Accueil / Arts & culture / Créer un souvenir un point à la fois

Créer un souvenir un point à la fois

Une simple aiguille trempée dans l’encre et un peu de talent : voici tout ce dont a besoin l’artiste de stick and poke Étienne Lefrancois-Doyon pour réaliser un tatouage maison. De plus en plus, les jeunes disent adieu à la machine électrique et bonjour à cette nouvelle tendance sans fioritures.  

Le stick and poke est un processus de tatouage qui consiste à utiliser une aiguille au bout d’un manche plutôt qu’une machine électrique afin d’obtenir un style unique. Le procédé s’effectue point par point. Les lignes sont donc plus fines et les effets sont très différents qu’à la machine. Un canevas qui prend 15 minutes à réaliser à l’aide de la machine donnant 140 coups secondes, prend d’une à deux heures au stick and poke.

Étienne Lefrançois-Doyon s’est lancé dans cette aventure il y a un peu moins d’un an. Aujourd’hui, il a plus d’une trentaine de tatouages à son actif. Seulement à l’aide de sa main et son imagination, il crée de petits chefs-d’œuvre à l’allure moins soignée.

L’étudiant Matthew Popovich, qui a maintenant le corps couvert de sept dessins réalisés au stick and poke, a

Matthew Popovich expose fièrement ses tatouages.

totalement confiance en cette technique. «C’est vraiment moins cher qu’un tatouage ordinaire. Il faut seulement bien choisir son artiste parce que souvent des gens inexpérimentés font ça n’importe comment », met-il en garde.

De son côté, la tatoueuse au salon Addik Tattoo, Gabrielle Munger, n’a absolument rien contre cette technique. «Lorsque c’est bien fait, il n’y a aucun problème. C’est même une méthode recommandée pour les tatouages sur les doigts par exemple. Ça guérit plus rapidement, donc ça s’efface moins.»

Cependant, Mme Munger rappelle aux tatoueurs amateurs l’importance du respect des normes sanitaires. «Malheureusement, je vois souvent des photos d’étudiants qui font du stick and poke dans leur salon, sans gants, une bière à la main», déplore-t-elle.

L’artiste tatoueuse souligne que de faire bouillir l’aiguille avant d’effectuer du stick and poke ne suffit pas. Une machine à stériliser qui respecte les normes émises par Santé Canada coûte entre 4000 $ et 5000 $.

De mauvaises conditions hygiéniques et la contamination d’aiguilles lors d’une séance de tatouage peuvent mener à des complications sévères. Entre autres, les gens peuvent contracter l’hépatite B et C, des verrues et des infections bactériennes.

Par contre, des artistes d’art corporel comme Étienne Lefrançois-Doyon prennent à cœur la sécurité de leurs clients et le professionnalisme dans leur démarche. «J’achète des aiguilles préstérilisées. La seule différence c’est que le mouvement provient de ma main plutôt que d’une machine», explique l’étudiant.

Le stick and poke reste un art unique et grandissant qui permet de voir naître la beauté d’un souvenir permanent, un point à la fois.

À propos de Claudia Simard

Lorsque Claudia n’a pas la tête prise par les questions philosophiques, elle a les yeux rivés sur les documentaires et les articles scientifiques. Passionnée de science et de politique, cette Mirabelloise de 19 ans rêve de changer le monde en dénonçant les injustices en donnant une voix aux minorités incomprises. Sur un ton plus léger, la partie pétillante de Claudia tente sans cesse de faire rire tous et chacun tant par l’improvisation que l’animation. Après trois ans d’analyse à Sport en Direct, deux ans d’écriture dans le journal étudiant et un déménagement à 5h de chez soi pour le fameux programme en ATM, Claudia est toujours ambigüe face à son avenir. Toutefois, elle est confiante de trouver le domaine qui lui permettra de s’enrichir intellectuellement tout en aidant les autres.

À voir aussi

Poème, Écrivaine, Librairie

Adresse-moi un poème

L’auteure et poète Laurance Ouellet Tremblay sera en résidence, du 30 avril au 27 mai, …