dimanche , 22 juillet 2018
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L'enseignante Mme Caroline.

La classe apaisante de Mme Caroline

Il est 12h50 et la cloche de l’école primaire Saint-Jean-Baptiste de Jonquière sonne. Quelques minutes plus tard, les élèves de Mme Caroline sont assis à leur bureau en silence. Pendant 10 à 15 minutes, ils ont une période de «flottement», ils lisent, dessinent et s’amusent avec de la pâte à modeler. Ces moments sont essentiels pour les neufs élèves de cette classe, tous atteints du trouble du spectre de l’autisme (TSA).

Chaque matin ainsi qu’au retour du dîner, les jeunes de la classe 975 ont besoin d’un moment d’apaisement. «En arrivant, les élèves utilisent cette période pour se calmer et se rendre disposés à faire leur travail», explique l’enseignante Caroline Harvey.

De plus, un matin sur deux, trois élèves peuvent pendant 15 minutes aller dans la salle multisensorielle; une pièce tout en noir où plusieurs jeux sont installés partout. Des accessoires de motricité, des objets lumineux, tout pour reposer les jeunes pour qu’ils soient prêts pour leur journée d’école. Cet espace est également utilisé par les deux autres classes de TSA de l’école.

Après la période de «flottement», les jeunes s’attardent à faire leurs évaluations. Pendant les périodes d’enseignement, ils ne peuvent pas travailler plus de 30 minutes, puisqu’ils perdent leur concentration. Au loin, on peut entendre un élève se plaindre que son crayon fait du bruit. «Ce sont des petits éléments comme des bruits ambiants et des odeurs qui les dérangent. Dans ce cas, un crayon mal aiguisé peut parfois déclen-cher une crise ou bien déconcentrer un élève autiste», mentionne la professeure.

Selon la Fédération québé-coise de l’autisme, en 2015-2016, un enfant sur 70 est atteint du TSA. Parmi les écoles de la Commission scolaire De La Jonquière, seule l’école Saint-Jean-Baptiste dispose de classes adaptées pour ces 22 élèves, sans compter ceux qui sont dans les classes de régulier.

Une classe deplusieurs niveaux

Des évaluations de la première jusqu’à la 6e année, reposent sur le bureau de l’enseignante. «Je dois préparer plusieurs activités et avoir du matériel pour tous les niveaux différents, souligne Mme Caroline. Il faut aussi que je prenne des groupes d’élèves pour enseigner individuellement à chaque niveau puisque ceux-ci ne sont pas tous rendus à la même place.» Parfois, un jeune en âge d’être en cinquième année peut être du niveau scolaire d’un troisième année.

Ces jeunes sont dans des classes de TSA puisqu’il serait trop difficile pour eux d’être dans une classe régulière. «C’est une surcharge de sons, d’images et au niveau des apprentissages. C’est beaucoup plus diffi cile pour eux», précise l’enseignante qui occupe ce poste depuis trois ans.

Dans la classe, deux éducatrices s’activent et sont à la disposition des élèves. «Notre rôle est d’accompagner les jeunes, d’adapter le matériel, de les aider dans leurs habiletés sociales, et d’appliquer le plan d’intervention de chaque élève», explique Véronique Bourgoin l’une d’entre elles.

Activités

C’est l’heure de la récréation et les jeunes restent à l’intérieur. Ils se dirigent vers la dernière activité de la journée: l’initiation au djembé.

Alors que l’animateur pose des questions, les jeunes répondent et connaissent très bien les réponses. «Ces jeunes ont une très bonne mémoire et ils sont vraiment intelligents», a affi rmé Mme Caroline plus tôt dans l’après-midi. L’enseignante est très proche de ses élèves et lorsqu’elle en parle, on peut voir tout l’amour qu’elle leur porte.

Elle trouve que ce sont des jeunes véritablement attachants, qui ont les mêmes capacités que les élèves du régulier, mais qui ont seulement besoin de plus de temps pour apprendre certaines notions.

En revenant de longs congés, lors d’un changement de saison et au retour des fi ns de semaine, il n’est pas rare de retrouver des élèves plus énervés. En ce vendredi après-midi, ceux-ci semblent très fatigués et moins enclins à travailler. Mme Caroline souligne que c’est pour cette raison qu’ils ont des activités et des périodes de «flottement».

Mois de l’autisme

L’école organisera plusieurs activités au cours du mois d’avril qui est le mois de l’autisme.

Parmi celles-ci, il y aura un souper spaghetti, le 27 avril et une vente de garage le 12 mai. «Les fonds amassés seront utilisés pour rénover la salle multi. Nous voulons la réaménager au complet, mais pour cela, il nous faut un bon montant d’argent», précise Mme Caroline. Ils ont déjà reçu un chèque de 10 000 $ de la part du restaurant McDonald à cet effet.

«Je travaille avec ces jeunes parce que j’aime la clientèle», affi rme Mme Véronique. C’est la même chose pour Mme Caroline. Elles aiment autant leurs élèves, qu’ils peuvent les aimer en retour.

À propos de Amélie Gagné

C’est avec un livre à la main ou en train de regarder le dernier épisode de la nouvelle série de l’heure que vous pourrez trouver Amélie. La Jonquiéroise désire plus tard être éditrice ou, si elle se permet de rêver plus grand devenir la prochaine Ellen DeGeneres afin de pouvoir interviewer des célébrités. C’est cette attrait pour le monde artistique qui l’a poussé à étudier en journalisme. En plus des arts, elle se passionne également pour les sports. Dès l’âge de 6 ans, elle joue au soccer mais n’est toujours pas capable de regarder une partie tellement elle trouve ça long et plate. À 8 ans elle commence le plongeon, en 2011 et 2013, elle a le privilège de représenter sa région lors des Jeux du Québec. À l’automne, elle pourra partager sa passion avec les jeunes puisqu’elle deviendra coach dans cette discipline qu’elle affectionne tant.

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