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Le festival des imposteurs

Il ne suffit plus d’être talentueux, maintenant il faut savoir vendre. L’achalandage importe désormais plus que le talent brut. Bienvenue dans un monde où les promoteurs sont prêts à sacrifier leur festival adoré à toutes sortes d’artistes pour attirer plus de gens.

On n’a qu’à se souvenir du passage de Jérémy Gabriel au Rockfest de Montebello. Tout le monde se rappelle de cette saga oh combien divertissante opposant Mike Ward et le jeune homme, la liberté d’expression contre le respect de tous. Les organisateurs du Rockfest y ont vu une opportunité de faire de l’argent. Plus de 2000 spectateurs plus tard, on peut dire qu’ils avaient vu juste, sans compter que tous les médias avaient repris la nouvelle à l’époque.

Profiter de l’attention médiatique accordée à deux personnes en litige pour s’attirer des visiteurs, c’est questionnable. Il faut dire que le Rockfest n’est pas reconnu pour s’en tenir à présenter uniquement des groupes rock, rappelons-nous le passage de Robert Charlebois en 2017. On peut donc se demander quelles étaient les intentions réelles dans le cas de Jérémy Gabriel.

Les promoteurs sont prêts à tout pour vendre des billets. Ils en sont même venus à marcher sur leur intégrité en acceptant de donner la scène à des artistes qui ne cadrent pas avec la mission de leur festival. Certains diront plutôt qu’il s’agit d’une tentative afin d’ouvrir les horizons du public. Quel est le but de faire un festival du hot-dog si on n’y sert que des salades?

Autre exemple, Charlotte Cardin au Festival de Jazz de Montréal. Bien qu’elle soit une fière représentante du savoir-faire musical québécois, elle n’y a pas sa place pour la simple et bonne raison que sa musique correspond plutôt aux standards de la pop-folk. Nombreux sont ses fans, mais il n’y a pas de lien entre sa musique et le jazz.

Non, tous les festivals ne jouissent pas de la même chance au financement. Oui, le fait d’avoir de grands noms dans sa programmation joue positivement sur le nombre de festivaliers, mais ce ne sont pas des raisons suffisantes pour perdre de vue son mandat. Les festivals doivent avant tout promouvoir la musique dont ils sont la raison d’être, pas être un concours de popularité.

À propos de Camille Boutin

C’est à la suite d’une rencontre avec Audrey Gagnon, journaliste pour le TVA Nouvelles Montréal que Camille a eu la piqûre du journalisme et qu’elle a choisi d’amorcer une formation en journalisme au Cégep de Jonquière. Camille Boutin est originaire de Terrebonne, en banlieue nord de Montréal. Depuis son entrée, elle a vécu toutes sortes d’expériences très formatrices. Elle a eu la chance de participer au Forum Étudiants en janvier dernier, une semaine de simulation parlementaire intensive durant laquelle elle a alimenté une quotidienne de plusieurs chroniques cinglantes. Camille a aussi coanimé une émission de radio sur les ondes de CKAJ et collaboré au Web magazine La Cerise en tant que journaliste. La cuisine, le chant et la lecture ne sont que quelques-uns de ses passetemps favoris. Les domaines de la psychologie et des sciences l’intéressent beaucoup. À 19 ans et demi, Camille souhaite s’inscrire à l’université en psychologie pour réaliser son rêve de devenir psychologue.

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