dimanche , 22 juillet 2018
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Représentation seul en cour

Une absence de justice

Lorsque les citoyens n’ont plus les moyens d’embaucher un avocat pour défendre leurs intérêts, il y a lieu de se questionner. Car devoir se représenter soi-même est un casse-tête, autant pour les avocats, que les juges et que ces citoyens-plaideurs. La solution passe par une meilleure accessibilité à l’aide juridique.

L’admissibilité à l’aide juridique prévoit que quelqu’un travaillant 35 heures par semaine au salaire minimum, ce qui représente environ 20 000 $ par année, peut y avoir droit gratuitement. Toutefois, quelqu’un qui a un salaire annuel un peu plus élevé n’a pas nécessairement les moyens de couvrir les services d’un avocat.

Peu de gens, au final, peuvent se permettre les services d’un avocat en cas de litiges ou de poursuites. Les citoyens se retrouvent démunis face à ce système, compliqué et, parfois, bien obscur pour certains. Leur seul recours devient la représentation seule faute de ressources financières. Ce n’est pas un exemple de droit à la justice.

Un système déjà bien alourdi

Le manque d’expertise des citoyens-plaidants n’aide pas à rendre les procédures, déjà interminables, efficaces. Il n’y a pas de cadeaux ni de compromis pour les gens qui se représentent eux-mêmes. Bien que des documents soient offerts par le Barreau du Québec pour permettre la préparation à une représentation seule, ça ne vaut pas les années d’études et de formation d’un avocat. Le système de justice est complexe et les lois le sont encore plus. Ce n’est pas tout le monde qui s’y connait suffisamment pour gagner un procès avec brio. Le juge et l’avocat adverse ne vont pas attendre que le plaignant comprenne la totalité du fonctionnement de la justice. Ces gens ont droit à de l’aide et de l’appui.

En contrepartie, il existe des cas de quérulence, des gens qui multiplient indûment les procédures judiciaires, mais ils ne représentent pas la majorité. Et il semble que les personnes qui se représentent seules auraient la fâcheuse tendance à être indisciplinées et irrespectueuses lorsqu’elles sont devant le juge. Il va sans dire que ce n’est point étonnant lorsque la cause touche directement quelqu’un. Un représentant externe sans attachement personnel à la cause évite les débordements et promet de meilleures chances de justice équitable à laquelle tout le monde a droit.

À propos de Gabrielle Paul

Gabrielle Paul est native de la communauté ilnu de Mashteuiatsh, au Lac-Saint-Jean. En grandissant, elle a toujours baigné dans les communications, multipliant les animations et les rédactions. Elle occupe maintenant un poste d’agente en communication à Pekukamiulnuatsh Takuhikan, le conseil de bande de Mashteuiatsh. Fière de ses origines, elle étudie en journalisme dans l’espoir de mieux faire connaître les réalités autochtones en offrant un regard empreint de vérité sur la situation. Elle est une grande passionnée aux champs d’intérêts multiples, passant par les mouvements idéologiques, les philosophies audacieuses de Camus et de Schopenhauer et la littérature anglaise du XIXe siècle. Elle aspire à faire des études universitaires en science politique et à devenir polyglotte.

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