dimanche , 21 octobre 2018
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L'écojogging

Sauver la planète, un déchet à la fois

Il est 9h10. Il fait dix degrés Celsius dans la petite ville d’Alma au Lac-Saint-Jean. Mais la température n’est pas une raison pour ne pas aider la planète pour Vicky-Ann Fortin et Émilie Ménard, deux jeunes femmes adeptes du «plogging».

Le «plogging», qui est la contraction de plocka upp (ramasser, en suédois) et de «jogging», désigne une activité où, tout en parcourant un lieu à petites foulées, on en profite pour enlever les détritus.  Ce sont des citoyens qui ont inventé ce style de course. Depuis ce temps, plusieurs Suédois en profitent pour joindre l’utile à l’agréable.

Âgées toutes les deux de 19 ans, Vicky-Ann Fortin et Émilie Ménard ont été inspirées par leur professeur de philosophie au Cégep d’Alma, François Privé, qui a parlé de l’écojogging dans son cours. «Notre professeur est tellement passionnant. C’est lui qui nous a fait découvrir cette activité et qui nous a démontré que la planète souffrait énormément», explique Émilie, armée d’un gant pour recueillir des dizaines de cigarettes écrasées devant une école secondaire.

Un circuit payant

Tout débute par le stationnement du Centre Mario-Tremblay. Des mégots de cigarettes, des mouchoirs mouillés, des chaussettes et d’autres choses inimaginables que l’on peut retrouver sur le sol sont déposés dans un sac de plastique servant de poubelle.

Après avoir replacé une poubelle pleine qui était au sol, les deux étudiantes se dirigent vers le Collège d’Alma, un des endroits les plus touchés par les déchets dans la ville. «C’est sur les terrains des écoles qu’on retrouve le plus de choses. La première fois qu’on est venu ici, c’était l’enfer. Des bouteilles de boissons énergisantes, des factures de restaurant et des tonnes de sacs avec de la nourriture à l’intérieur», énumère Émilie en aidant Vicky-Ann à remplir son sac de déchets.

Même après 30 minutes de «plogging» rien n’arrête les deux jeunes femmes déterminées à changer la planète. Le nombre d’heures ni le nombre de kilomètres n’existe pas pour elles. «On ne compte pas le temps et la distance. Si après 20 minutes on arrête, ça ne vaudrait pas la peine. On continue de remplir notre sac et quand il est plein, on va le vider et on recommence», affirme Vicky-Ann, avec le sourire fendu jusqu’aux oreilles.

Malgré la popularité qui augmente de plus en plus sur tous les continents, peu de gens au Canada sont au courant de cette activité. C’est à Montréal que deux femmes ont d’abord importé le «plogging». Elles ont organisé une course à déchets dans la métropole le 22 avril dernier à l’occasion de la Journée de la terre.

Les deux Almatoises aimeraient à leur tour tenir une telle activité «On veut faire un événement le 22 avril. On ne veut pas seulement que les gens courent. Le but est que les gens puissent se rassembler pour une bonne cause et avoir du plaisir par la suite», estime Émilie Ménard. Au même moment, elle recevait les commentaires positifs des actions qu’elles posent d’une sexagénaire marchant dans la rue.

Peu de temps après avoir ramassé des dizaines de canettes par terre, Émilie explique que ce n’est pas seulement les millénaux qui doivent faire des efforts pour la planète. «Honnêtement, ça me dérange un peu que les « baby-boomers » disent que c’est nous les jeunes qui doivent sauver notre planète. Car au fond, c’est leur planète aussi. Le «plogging» ce n’est pas juste pour les jeunes, c’est pour tout le monde et si on veut que ça fonctionne, chaque personne doit y mettre du sien.»

Il y aura plusieurs développements au cours des prochaines semaines pour les deux jeunes femmes concernant le «plogging». Notamment, inciter des professeurs d’éducation physique à rentrer l’écojogging dans leur programme et influencer des amis et parents à faire l’activité avec elles.

Maintenant, il est 10h40. Après 1h30 de «plogging» les trois sacs de plastique bien remplis serviront assurément à diminuer les 13 millions de tonnes de déchets que le Québec ne cesse de produire annuellement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

À propos de Nicolas Jean

Dès son plus jeune âge, Nicolas Jean s’amusait dans le sous-sol de ses parents en jouant au hockey. Après les nombreux tirs dans les murs causant des trous, il se faisait lui-même ses propres entrevues observant de haut les Pierre Houde et Luc Gélinas de ce monde. Il était très envisageable pour lui de devenir journaliste déjà à huit ans. Originaire de Chicoutimi, « le natif » comme le surnomme ses collègues atémiens, est une personne très disciplinée qui sort souvent de sa zone de confort. Malgré les échecs, il reste positif et déterminé. Même si Nicolas aime écouter les autres, il aime encore plus débattre avec ceux-ci peu importe le sujet qui le touche de près ou de loin. Il adore plus particulièrement avoir raison même s’il sait qu’il a tort. Peu importe la température, il fredonnera des chansons variant des Bee Gees à Migos. Son amour pour les statistiques le rend attachant même s’il étire la sauce parfois. Il peut paraitre bizarre avec ses danses quand vous le voyez dans le couloir, mais comme on dit : il ne faut pas se fier à la couverture d’un livre !

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